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Pratique
28 décembre 202510 min de lecture

Charges locatives récupérables : la liste complète pour 2026

Quelles charges un propriétaire peut-il répercuter sur le locataire ? Liste exhaustive, régularisation annuelle et erreurs à éviter.

Charges récupérables : une liste limitative et stricte

Les charges récupérables, souvent appelées « charges locatives », sont les dépenses que le propriétaire bailleur peut légalement répercuter sur son locataire, en plus du loyer. Elles correspondent à des services et équipements dont le locataire bénéficie directement dans sa vie quotidienne (eau chaude, chauffage, ascenseur, entretien des parties communes).

Leur périmètre est limitativement défini par le décret n° 87-713 du 26 août 1987, modifié à plusieurs reprises. Ce décret est la référence juridique : toute charge qui n'y figure pas ne peut être récupérée auprès du locataire, point. Même si le bail le prévoit, une clause contraire au décret est réputée « non écrite » — elle n'existe pas juridiquement.

En pratique, cela signifie deux choses cruciales : (1) le bailleur doit maîtriser cette liste pour ne pas facturer de charges non récupérables (faute coûteuse), (2) le locataire a le droit de contester toute charge qui ne figure pas dans la liste et d'obtenir un remboursement rétroactif sur 3 ans.

Cet article vous donne la liste complète, les pièges à éviter, et la méthode de régularisation annuelle obligatoire. Un must-read pour tout bailleur qui veut éviter des litiges coûteux.

Les 4 grandes catégories de charges récupérables

Catégorie 1 — Ascenseur et monte-charge : dépenses d'électricité, exploitation, petites réparations (changement de câbles, remplacement de commutateurs), frais d'entretien courant. NON récupérable : remplacement intégral de l'ascenseur, mise aux normes obligatoires.

Catégorie 2 — Eau froide, eau chaude et chauffage collectif : consommation d'eau froide et chaude du logement et des parties communes, chauffage collectif (fourniture d'énergie), entretien et petites réparations des équipements communs (chaudière collective, installation de chauffage urbain). NON récupérable : remplacement de la chaudière collective, grosses réparations.

Catégorie 3 — Installations individuelles : entretien des compteurs individuels (eau, gaz), consommation eau chaude individuelle, combustible pour chauffage individuel. Les relevés de compteurs restent à la charge du bailleur s'ils sont effectués par un prestataire extérieur et concernent plusieurs logements.

Catégorie 4 — Parties communes intérieures et extérieures : électricité, produits de nettoyage, entretien et menues réparations (ampoules, lave-vaisselle commun si présent), réparation minime des installations (interphone, digicode), entretien des espaces verts (jardinage courant), désinfection ponctuelle.

Catégorie 5 — Équipements collectifs : entretien des équipements (serrures automatiques, tapis et paillassons, dératisation ponctuelle), entretien et petites réparations des chutes d'eau pluviale et évacuations, éclairage de sécurité. Les gros équipements (installation de climatisation collective, nouveaux équipements) ne sont pas récupérables.

Catégorie 6 — Taxes et redevances : taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) — intégralement récupérable si elle figure sur l'avis de taxe foncière, redevance assainissement collectif (uniquement la part « assainissement » sur la facture d'eau, pas les investissements).

Les 8 charges qui ne sont JAMAIS récupérables

Voici la liste des charges couramment facturées à tort par des bailleurs mal informés. Si vous en percevez une dans votre décompte actuel, c'est illégal et vous devez le rectifier immédiatement pour éviter des actions en remboursement.

(1) La taxe foncière : contrairement à ce que beaucoup pensent, la taxe foncière n'est PAS récupérable. Seule la TEOM (taxe d'enlèvement des ordures ménagères), qui figure sur le même avis, est récupérable. L'erreur est fréquente et coûteuse : une TF de 1 800 €/an indûment facturée sur 3 ans = 5 400 € à rembourser.

(2) Les honoraires du syndic de copropriété : les frais de gestion du syndic sont une charge du propriétaire, pas du locataire. Seule une infime part liée à la « gestion courante des charges récupérables » peut, dans certains cas très encadrés, être répercutée — consultez votre syndic pour le détail.

(3) L'assurance PNO (Propriétaire Non Occupant) : obligatoire depuis 2014 pour tous les propriétaires bailleurs, cette assurance est un coût du bailleur, jamais du locataire.

(4) Le ravalement de façade : travail d'embellissement et de gros entretien du bâtiment, à la charge exclusive du propriétaire via les charges de copropriété.

(5) Les travaux d'amélioration ou de mise aux normes : installation d'un ascenseur, rénovation thermique, mise aux normes électriques ou accessibilité PMR — tout cela relève de l'investissement du propriétaire.

(6) Le remplacement intégral d'un équipement collectif : remplacement de la chaudière collective, installation d'un nouveau système de chauffage, changement total des ascenseurs.

(7) Les frais de procédure judiciaire du bailleur : même si c'est pour un impayé de loyer, les frais de justice ne sont jamais récupérables auprès du locataire défaillant (seule la décision de justice peut condamner le locataire à payer des frais, mais cela ne passe pas par les charges).

(8) Les frais de gestion locative si vous passez par une agence : ces frais sont à la charge du bailleur (c'est lui qui a choisi de déléguer). Les locataires payent désormais des frais d'agence plafonnés, mais c'est une autre catégorie, à régler à la signature.

Provision ou forfait : les deux modes de facturation

Il existe deux façons de facturer les charges au locataire : la provision mensuelle avec régularisation annuelle, ou le forfait fixe sans régularisation. Le choix dépend du type de bail et impacte significativement la gestion administrative.

La provision mensuelle est le mode de facturation classique en bail vide (obligatoire). Le locataire verse chaque mois une somme estimée (par exemple 70 € de charges provisionnelles), en plus du loyer. À la fin de l'année civile (ou de l'exercice comptable), le bailleur compare le total versé aux charges réelles récupérables — il rembourse le trop-perçu au locataire ou lui facture le complément. C'est équitable mais exige une comptabilité rigoureuse.

Le forfait fixe est autorisé en bail meublé (hors bail étudiant et mobilité) et en colocation à bail unique. Le locataire verse un montant fixe chaque mois (ex : 80 €/mois), sans régularisation ultérieure. C'est plus simple administrativement, mais le bailleur assume le risque si les charges réelles dépassent le forfait.

Pour un forfait à être légal, la jurisprudence exige qu'il soit « en rapport avec la réalité des charges ». Un forfait manifestement surestimé peut être contesté par le locataire et requalifié en provision (avec obligation rétroactive de régularisation). Gerlok vous aide à estimer un forfait réaliste basé sur l'historique des charges réelles de chaque bien.

Pour les bailleurs débutants, je recommande la provision systématique en bail vide (c'est obligatoire de toute façon) et le forfait en bail meublé si vous avez déjà au moins une année d'historique qui vous permet d'établir une moyenne fiable.

La régularisation annuelle : étape par étape

Si vous avez opté pour des provisions sur charges, vous devez effectuer une régularisation annuelle obligatoire. Cette régularisation compare le montant total des provisions versées par le locataire au montant réel des charges récupérables de l'année écoulée. Voici la méthode en 5 étapes :

Étape 1 — Collecter les justificatifs : décompte de charges de la copropriété (fourni par le syndic), factures d'eau/chauffage individuel si applicable, avis de taxe foncière avec la TEOM isolée. Conservez ces documents précieusement, ils sont la base de tout le calcul.

Étape 2 — Isoler les charges récupérables : dans le décompte de copropriété, identifiez ligne par ligne ce qui est récupérable (selon la liste ci-dessus) et ce qui ne l'est pas. La majorité des syndics fournissent déjà cette ventilation, mais certains non — vous devez alors faire le tri vous-même.

Étape 3 — Calculer le total récupérable : additionnez toutes les charges récupérables de l'année, en ne prenant que la quote-part de votre lot si vous êtes en copropriété (généralement donnée en tantièmes).

Étape 4 — Comparer avec les provisions versées : faites la différence entre le total récupérable et les provisions versées par le locataire sur l'année. Si provisions > charges réelles, vous devez rembourser la différence au locataire. Si provisions < charges réelles, vous lui facturez le complément.

Étape 5 — Notifier le locataire : envoyez-lui un décompte détaillé avec les justificatifs, par lettre ou email. Il dispose d'un délai de 6 mois pour demander à consulter les pièces originales. Les sommes dues doivent être réglées dans le mois qui suit le décompte.

Erreurs courantes et sanctions

Erreur n°1 : ne pas faire la régularisation annuelle. Beaucoup de bailleurs oublient ou repoussent indéfiniment cette étape. Résultat : des années de provisions accumulées sans justification, avec un risque de devoir rembourser l'intégralité si le locataire conteste. La loi prévoit une prescription de 3 ans — passé ce délai, vous ne pouvez plus récupérer d'arriérés auprès du locataire.

Erreur n°2 : facturer des charges non récupérables. Taxe foncière, assurance PNO, honoraires syndic — toute facturation indue peut donner lieu à un remboursement rétroactif sur 3 ans + dommages-intérêts si le locataire prouve un préjudice.

Erreur n°3 : un forfait disproportionné. Un forfait de 150 €/mois alors que les charges réelles sont de 50 €/mois peut être requalifié en provision par un juge, avec obligation de rembourser le trop-perçu.

Erreur n°4 : ne pas conserver les justificatifs. En cas de litige, sans factures et décomptes de syndic, vous ne pouvez rien prouver. Conservez tout pendant au moins 3 ans (délai de prescription).

Erreur n°5 : oublier de notifier le décompte par écrit. Une régularisation verbale ou par SMS n'a aucune valeur juridique. Le décompte doit être envoyé par courrier (lettre simple suffit) ou email avec accusé de réception.

Le droit de consultation du locataire

La loi accorde au locataire un droit de consultation des justificatifs de charges. Ce droit est encadré par l'article 23 de la loi du 6 juillet 1989 et a été renforcé par la loi ALUR de 2014. Le locataire peut demander à consulter : les factures de l'immeuble, les contrats d'entretien, les relevés individuels de consommation, les contrats de prestataires (ménage, espaces verts, ascenseur).

Le bailleur doit tenir ces documents à disposition pendant 6 mois à compter de l'envoi du décompte annuel. Le locataire peut les consulter sur rendez-vous au siège du bailleur (ou du syndic, pour les charges de copropriété) et en demander des copies à ses frais.

Si le bailleur refuse l'accès ou ne tient pas les documents à disposition, le locataire peut saisir la Commission Départementale de Conciliation et, in fine, le juge. Les sanctions peuvent aller jusqu'à la nullité partielle du décompte, avec obligation de rembourser les sommes contestées.

En pratique, la majorité des litiges sur les charges locatives naissent d'un manque de transparence. Un bailleur qui envoie un décompte détaillé avec les principales factures jointes évite 90% des contestations.

Automatiser la gestion des charges avec Gerlok

La gestion manuelle des charges locatives est chronophage et source d'erreurs : comparer les provisions aux factures réelles, isoler la part récupérable du décompte de copropriété, rédiger le décompte annuel, l'envoyer au locataire, archiver les justificatifs... Pour 3 biens, c'est facilement une demi-journée par an, pour 10 biens, c'est une journée entière.

Gerlok automatise intégralement le processus : vous saisissez (ou importez) vos factures et décomptes de copropriété, le logiciel calcule automatiquement la quote-part récupérable selon la liste légale, compare aux provisions versées et génère le décompte de régularisation au format PDF, prêt à envoyer au locataire.

Le système alerte aussi si vous tentez de saisir une charge dans une catégorie non récupérable — impossible de facturer la taxe foncière par erreur. Tous les justificatifs sont archivés dans le bien, consultables à la demande du locataire via son portail personnel.

Besoin de tester sans engagement ? L'essai gratuit de 2 mois (sans carte bancaire) vous donne accès à toutes les fonctionnalités Premium, y compris la régularisation automatique. Vous gagnerez des heures chaque année et éviterez les litiges coûteux liés aux charges.

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