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Juridique
22 juin 20268 min de lecture

DPE F et G : ce que les nouvelles restrictions changent concrètement pour toi en 2026

Les logements classés F et G sont progressivement retirés du marché locatif. Décotes sur la valeur, interdictions de mise en location, travaux obligatoires : voici ce que tu dois vraiment savoir pour anticiper et ne pas te retrouver coincé.

Par l'équipe éditoriale Gerlok · Mis à jour le 22 juin 2026 · Sources : loi du 6 juillet 1989, décrets d'application, service-public.fr, INSEE.

Le calendrier des interdictions : où en est-on vraiment en 2026 ?

La loi Climat et Résilience de 2021 a posé un calendrier d'interdictions progressives qui se déroule sous nos yeux. Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G (les plus énergivores, consommant plus de 420 kWh/m²/an d'énergie primaire) ne peuvent plus être mis en location pour la première fois ni faire l'objet d'un nouveau bail. Les contrats en cours sont pour l'instant maintenus, mais il est interdit de signer un nouveau contrat ou de renouveler un bail dans ces conditions.

La prochaine échéance concerne les logements classés F : à partir du 1er janvier 2028, ils seront à leur tour frappés d'une interdiction de mise en location. Cela laisse environ deux ans pour agir — ce qui peut sembler confortable, mais les délais de travaux et les files d'attente chez les artisans RGE (Reconnu Garant de l'Environnement) rendent cette fenêtre bien plus courte qu'elle n'y paraît. Si tu possèdes un F aujourd'hui, le chantier doit être pensé maintenant.

Il faut aussi distinguer les règles selon la localisation géographique du bien. En France métropolitaine, le calendrier suit ces dates nationales. Mais en Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion et Mayotte, les interdictions s'appliquent avec deux ans de décalage. Par ailleurs, certains types de logements bénéficient d'exemptions : les meublés de tourisme, les résidences secondaires ou encore les logements dont les travaux seraient techniquement impossibles (bâtiments classés, contraintes structurelles majeures) peuvent faire l'objet d'une demande de dérogation.

Décote, vacance locative, litige : les trois risques financiers concrets

Le premier risque, souvent sous-estimé, c'est la décote sur la valeur vénale du bien. Les notaires et les agents immobiliers constatent depuis 2023 des écarts de prix significatifs entre un logement D et un logement F dans le même immeuble, dans la même rue. Les études des Notaires de France situent cette décote entre 10 % et 20 % pour un logement classé F ou G dans les grandes agglomérations. Sur un appartement estimé à 200 000 €, c'est une perte de valeur potentielle de 20 000 à 40 000 € — bien plus que le coût moyen d'une rénovation énergétique ciblée.

Le deuxième risque est opérationnel : la vacance locative. Un logement G que tu ne peux plus remettre en location après un départ de locataire devient une charge pure — crédit immobilier, taxe foncière, charges de copropriété — sans aucune contrepartie de loyer. Dans une ville de taille moyenne où le taux de rotation est d'un bail tous les deux ans en moyenne, tu peux te retrouver bloqué très vite. Certains propriétaires l'ont découvert brutalement en 2025 lors d'un congé pour vente ou d'un départ volontaire du locataire.

Le troisième risque est juridique. Un locataire peut invoquer le caractère indécent du logement si son DPE le classe G depuis le 1er janvier 2025 (ou F à partir de 2028). Il peut saisir la Commission départementale de conciliation, voire le tribunal, pour obtenir une réduction de loyer ou la réalisation de travaux sous astreinte. Le bailleur qui maintient un G en location sous bail en cours ne risque pas l'interdiction immédiate, mais s'expose à des contentieux locatifs dont l'issue lui sera systématiquement défavorable.

Comprendre ton DPE avant de décider quoi que ce soit

Avant de foncer chez un artisan, la première étape est de comprendre précisément pourquoi ton logement est classé F ou G. Le DPE calcule deux consommations : l'énergie primaire (chauffage, eau chaude, climatisation, auxiliaires) et les émissions de gaz à effet de serre. La lettre finale correspond au moins bon des deux indicateurs. Un appartement peut être classé F non pas à cause de son isolation, mais à cause d'une chaudière au fioul très émettrice de CO₂ — auquel cas le remplacement du système de chauffage sera bien plus rentable que l'isolation des murs.

Le DPE actuel (version réformée en vigueur depuis juillet 2021) est opposable juridiquement : s'il est inexact, le propriétaire engage sa responsabilité. Avant de réaliser des travaux, il peut être utile de faire réaliser un audit énergétique (obligatoire pour les G avant toute vente depuis 2023, et recommandé avant travaux dans tous les cas) pour identifier les postes de dépense réels et simuler le gain de classe obtenu selon différents scénarios de travaux.

Un point souvent ignoré : il n'est pas toujours nécessaire de viser la classe C ou D pour être en conformité. L'objectif légal minimal est d'atteindre la classe E d'ici les échéances fixées. Pour certains logements, passer de G à E peut se faire avec des travaux ciblés (changement du mode de chauffage, isolation des combles perdus) pour un budget de 8 000 à 15 000 € plutôt que de se lancer dans une rénovation globale à 40 000 €. L'audit énergétique te donnera cette réponse chiffrée.

Les aides disponibles en 2026 : MaPrimeRénov', CEE, éco-PTZ

MaPrimeRénov' reste le dispositif principal pour les propriétaires bailleurs. En 2026, son fonctionnement a été stabilisé après les ajustements de 2024-2025 : elle est accessible aux bailleurs sous condition de louer le logement rénové pendant au moins 5 ans après travaux. Le montant varie selon le type de travaux, les revenus du propriétaire et la performance atteinte. Pour une rénovation d'ampleur permettant de gagner deux classes énergétiques ou plus, les bonus sont significatifs — jusqu'à 10 000 € de prime supplémentaire dans certains cas.

Les Certificats d'Économies d'Énergie (CEE) sont souvent oubliés, alors qu'ils peuvent représenter plusieurs milliers d'euros supplémentaires sur des travaux d'isolation ou de changement de chaudière. Ces primes sont versées par les fournisseurs d'énergie (EDF, TotalEnergies, Engie, etc.) en échange de l'attestation de travaux réalisés par un professionnel RGE. Elles se cumulent avec MaPrimeRénov' et peuvent être négociées directement avec l'artisan ou via une plateforme agréée.

L'éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) permet d'emprunter jusqu'à 50 000 € sans intérêts pour financer des travaux de rénovation énergétique, avec des durées de remboursement allant jusqu'à 20 ans. Il est accessible sans condition de ressources pour les propriétaires bailleurs et se cumule lui aussi avec les autres aides. Pour un bailleur qui ne dispose pas de trésorerie immédiate, c'est souvent le levier financier le plus efficace pour engager les travaux sans amputer sa capacité d'investissement.

Suivre tes biens et anticiper avec les bons outils

Quand on gère plusieurs logements, il est facile de perdre de vue les dates d'expiration des DPE (valables 10 ans), les classes de chaque bien et les échéances réglementaires qui s'y appliquent. Un F dont le bail se renouvelle en 2027 est une urgence à traiter dès maintenant ; un E en copropriété où des travaux collectifs sont votés pour 2027 mérite d'être suivi de près. Sans vue d'ensemble, tu risques de te retrouver à gérer des urgences plutôt qu'à anticiper.

C'est exactement le type de visibilité que Gerlok permet de centraliser : les informations de chaque logement (classe DPE, date du diagnostic, échéances de bail) au même endroit, accessibles en un coup d'œil. Quand tu gères 3 à 8 biens en parallèle, cette centralisation change vraiment la façon dont tu prends des décisions — tu passes du mode pompier au mode pilote.

Au-delà de l'outil, l'essentiel est de prendre l'habitude de traiter le DPE comme un indicateur de gestion au même titre que le loyer ou les charges. C'est devenu une donnée financière à part entière : elle conditionne ta capacité à louer, ta valeur patrimoniale et ton exposition aux risques juridiques.

Ce qu'il faut faire dès maintenant si tu es concerné

Si ton logement est classé G, la situation est urgente : tu ne peux plus signer de nouveau bail depuis le 1er janvier 2025. Si un locataire est en place, profite de cette période pour faire réaliser un audit énergétique et commencer à planifier les travaux. Ne laisse pas la situation se dénouer d'elle-même (départ du locataire, fin de bail) sans avoir un plan prêt — tu te retrouveras avec un bien vide et non louable.

Si ton logement est classé F, tu as jusqu'au 1er janvier 2028, mais deux ans passent vite quand on y ajoute les délais d'audit (4 à 8 semaines), de dépôt de dossier MaPrimeRénov' (plusieurs semaines), de recherche d'artisans RGE disponibles (2 à 6 mois selon les régions) et d'exécution des travaux. Commencer à te renseigner maintenant, c'est te donner une vraie marge de manœuvre.

Concrètement, voici les trois actions prioritaires à mener dans les prochaines semaines : - Retrouver le DPE de chacun de tes logements et noter la classe et la date de validité - Prendre rendez-vous avec un thermicien pour un audit énergétique sur les biens F ou G - Simuler les aides disponibles sur le simulateur officiel France Rénov' (france-renov.gouv.fr) avant de prendre toute décision de travaux

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